Une édition placée sous le signe du Street Art
Pour cette édition 2026 de la Fête du Timbre, La Poste a choisi de célébrer le Street Art, cet art né de la transgression qui, des mégapoles d’Asie aux ruelles européennes, a conquis les murs du monde entier. C’est à Hopare — Alexandre Monteiro de son vrai nom, né à Paris en 1989 — qu’a été confiée la création du timbre officiel. Graffeur, street artiste et peintre contemporain, il signe des visages aux regards intenses qui invitent chacun à reconsidérer sa propre façon de voir le monde.

À Carcassonne comme dans 75 villes de France, l’Association Philatélique & Numismatique Carcassonnaise s’est une nouvelle fois mobilisée pour faire vivre cet événement national, qui célèbre tout autant les artistes de rue que les peintres installés au chevalet dans l’espace public — ces créateurs discrets qui capturent, le temps d’une esquisse, la lumière d’une façade ancienne ou la douceur d’un ciel de mars.
Un week-end chaleureux, malgré les nuages
Le ciel n’était pas franchement de la partie ce week-end de mars, mais qu’importe — les passionnés et les curieux sont venus quand même, fidèles au rendez-vous ! Et ils ont eu raison, car l’Association Philatélique & Numismatique Carcassonnaise avait concocté un programme à la hauteur de leur enthousiasme.
Les expositions philatéliques
Trois collections étaient proposées au fil des stands, chacune invitant à un voyage différent dans le temps.
- « L’utilisation du timbre à l’effigie du Maréchal Pétain de 1941 à 1944 » — une exposition à la fois historique et philatélique, qui éclaire avec sobriété une période sombre de notre histoire à travers le prisme du courrier postal.
- Les deux premiers timbres de France, émis le 1er janvier 1849 — c’est ici que résidait sans doute l’un des moments les plus émouvants de cette édition. Car présenter ces deux timbres, c’est tenir entre ses mains — ou presque — le tout début d’une aventure philatélique vieille de près de deux siècles. Le Cérès 20 centimes noir et le Cérès 1 franc vermillon sont les actes de naissance du timbre français. Conçus d’après la gravure de Jacques-Jean Barre, ils représentent Cérès, déesse romaine des moissons, dans un style d’une élégance intemporelle. Leur rareté, leur ancienneté et leur valeur symbolique en font des pièces d’exception que peu de collectionneurs ont la chance de contempler de près. Les voir réunis, c’est toucher du doigt l’origine même de la philatélie en France.

- Une collection de cartes postales sur les Tramways du canton de Carcassonne — un délicieux voyage local à travers les anciens réseaux de transport, qui a rappelé à plus d’un visiteur des souvenirs de famille ou des images d’un Carcassonne disparu.
- Les vignettes touristiques audoises — les amateurs d’érinophilie n’étaient pas oubliés ! Une belle présentation de vignettes touristiques de l’Aude était proposée, dans laquelle la Cité de Carcassonne occupait naturellement une place de choix. Un régal pour les yeux, et une belle invitation à redécouvrir notre patrimoine local sous un angle original.
- « Les pensées philosophiques du Président Donald Trump illustrées par le timbre » — voilà un panneau qui n’a pas manqué de faire sourire… et réfléchir ! Face à une sélection de timbres et blocs-feuillets émis récemment par des offices philatéliques africains et asiatiques, le visiteur était invité à méditer sur les fameuses « pensées » du personnage, chaque vignette illustrant à sa façon — et avec beaucoup d’humour — les déclarations les plus remarquées du président américain. Un clin d’œil savoureux, à la croisée de la philatélie et de l’actualité mondiale.
La causerie du samedi : les timbres-monnaies
Le samedi à partir de 16h, les visiteurs ont eu le plaisir d’assister à une causerie passionnante sur les timbres-monnaies, proposée par Jacques Roussel et appuyée sur un diaporama fort bien documenté. Ces petites vignettes, utilisées comme monnaie d’appoint dans des périodes de pénurie de monnaie métallique, constituent un chapitre méconnu et fascinant de l’histoire philatélique et économique. Une intervention très appréciée, qui a suscité de nombreux échanges avec le public.
La bourse d’échanges
Des professionnels étaient présents tout au long du week-end pour aider chacun à dénicher les pièces manquantes de sa collection. Ces rencontres entre passionnés sont souvent l’un des moments les plus appréciés de la fête — et cette année ne faisait pas exception.

Les jeunes visiteurs à l’honneur
Et les plus jeunes dans tout ça ? Ils ne sont pas repartis les mains vides, loin de là ! Au stand de l’APNC, les enfants ont été accueillis avec toute l’attention qu’ils méritent : timbres, enveloppes premier jour, cartes postales, coloriages philatéliques et mini-albums de timbres — offerts notamment par l’Adphile — attendaient les petits visiteurs, les yeux grands ouverts face à ces trésors en miniature. Qui sait ? Parmi eux se trouvent peut-être les grands collectionneurs de demain…
Le bureau de poste temporaire
La Poste avait également installé son bureau provisoire, offrant à tous la possibilité d’affranchir son courrier avec le timbre en avant-première et de le faire oblitérer d’un cachet spécifique à ces journées. Une occasion rare pour les philatélistes, et un souvenir original pour les autres.

Rendez-vous l’an prochain !
Malgré un ciel capricieux, cette Fête du Timbre 2026 restera dans les mémoires comme une belle édition, portée par la générosité des bénévoles de l’association Philatélique & Numismatique Carcassonnaise et la curiosité d’un public toujours fidèle. Elle a rappelé, une fois de plus, que la philatélie n’est pas seulement une affaire de collection : c’est un lien vivant avec l’histoire, une fenêtre ouverte sur le monde, et surtout, une belle façon de se retrouver entre passionnés.
Merci à tous ceux qui ont bravé la météo pour nous rendre visite. On vous donne rendez-vous l’an prochain — avec, espérons-le, un peu plus de soleil !
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